Qui nous vaccinera?

Qui nous vaccinera contre nous-mêmes?

La solution du vaccin

Les laboratoires pharmaceutiques du monde entier y travaillent. Ils espèrent être les premiers à pouvoir breveter et commercialiser le fameux vaccin contre le Covid-19. Ce vaccin qui devrait permettre aux humains de retrouver le cours habituel de leur vie… en attendant la prochaine pandémie.

Mais si le problème n’était pas tant la quête du vaccin que l’émergence prévisible de nouveaux virus ?

 

Le virus, conséquence de la voracité humaine

Dans un article récent, Didier Sicard, professeur à la Sorbonne, spécialiste des maladies infectieuses, s’interroge sur les conditions qui ont favorisé l’apparition du coronavirus. Il pointe du doigt l’attitude irresponsable des humains envers les animaux.Pangolin en vente Ainsi, le fameux pangolin qui a vraisemblablement transmis le virus aux humains est l’animal le plus braconné au monde, tant pour sa chair que pour ses écailles, auxquelles on attribue des vertus curatives et aphrodisiaques. Et le chercheur de conclure son article avec ces mots alarmants : « La liste est longue des futurs prétendants impatients de succéder au Covid-19. Il y en a trente dans la file d’attente. Nous faisons tous partie d’un vivant en équilibre, et le détruisons avec mépris par notre appétit de consommation sans limites. Ce n’est pas d’intelligence artificielle que nous avons besoin, mais de l’intelligence de l’humilité. »[1]

Le futur vaccin risque donc hélas de ne nous offrir qu’un court répit, si le retour à la vie « normale » s’opère sans changement profond de notre rapport au monde du vivant.

Changer, mais comment ?

Comment donc trouver cette humilité dont parle le Professeur Sicard et qui nous fait si cruellement défaut ?

L’avidité des humains et leur confiance aveugle dans des solutions technologiques pour pallier leurs méfaits - telles que les vaccins - ne peuvent en effet que les conduire de catastrophes en désastres.

Mais cette avidité vient elle-même de leur fâcheuse tendance à croire qu’en accumulant leurs avoirs, ils augmenteront leur être, et accéderont de cette manière à une forme d’immortalité. On a beau savoir que le salut et la vie éternelle proposés par l’Evangile se trouvent aux antipodes de cette addiction consumériste, personne n’échappe à ce paradoxe : même si nous aspirons à une vie simple, allégée de ce qui l’étouffe et la menace, nous ne pouvons que très difficilement nous extraire du système économique infernal dans lequel nous vivons presque malgré nous.

L’expérience de Paul

Nous pouvons alors faire nôtre cette question angoissée que posait déjà l’apôtre Paul : « Malheureux humain que je suis ! Qui me délivrera de moi ? » avant de s’exclamer tout aussitôt : « Dieu soit loué, par Jésus-Christ notre Seigneur ! » (Romains 7.24)

Entre ces deux phrases, il a dû se passer quelque chose de décisif. Pour Paul, ce fut certainement l’expérience du chemin de Damas. Le Caravage Conversion se Saint PaulAlors qu’il était convaincu de la justesse de son entreprise d’extermination des chrétiens, voici qu’il s’est retrouvé propulsé au sol, aveuglé par une lumière intense, et interpelé par le Christ lui-même. Ce n’est que lorsque des écailles (de pangolin ?) tombèrent de ses yeux qu’il put voir à nouveau[2].

Ou peut-être faut-il comprendre plus largement qu’il put alors voir d’une nouvelle manière sa vie et ce pour quoi il voulait se battre désormais.

Une nouvelle manière de voir et de vivre

L’expérience de Paul : l’interpellation du Christ, le retour sur terre et la nouvelle vision qui s’ensuit, nous sommes invités à la vivre à notre tour pour inventer de nouvelles manières d’habiter notre planète, pour retrouver des modes de vie respectueux de la création qui nous a été confiée par Dieu lui-même, pour que nous y vivions, nous et nos enfants.

Alors non, le Christ n’est certainement pas un vaccin ! Mais le retournement qu’il a opéré dans la vie de Paul, il désire l’opérer dans les nôtres également. Ce retournement nous aidera à sortir à notre tour de nos propres impasses et contradictions.

  • En nous faisant porter un nouveau regard sur nous-mêmes,
  • En nous donnant la force nécessaire pour changer nos comportements insensés.
  • En nous conduisant à œuvrer à l’avènement d’un monde apaisé, en commençant par le plus profond de nous-mêmes, en s’étendant tout autour de nous, jusque dans notre rapport aux lointains pangolins et à leurs écailles.

Christian Vez, le 9 mai 2020

[1] Didier Sicard in « La transmission infectieuse d’animal à humain » Revue Esprit, avril 2020

https://esprit.presse.fr/actualites/didier-sicard/la-transmission-infectieuse-d-animal-a-humain-42678

[2] Actes des Apôtres 9.18

Et une petite prière de circonstance en cetmere enfant 2te veille de fête des mères...

 

Notre Mère qui es aux cieux,

Que l’on reconnaisse en tous lieux ta présence bienfaisante et vivifiante,

Vienne le jour où tu accoucheras d’un monde pacifié,

Que ta volonté soit fête, pour les générations rassemblées,

Donne-nous aujourd’hui la tendresse, la force et la confiance dont nous avons besoin, et glisse dans nos poches un petit encas pour la route,

Pardonne-nous nos égoïsmes, nos jalousies et nos caprices d’enfants gâtés, pour que nous puissions pardonner les égoïsmes, les jalousies et les caprices des autres,

Ne nous laisse pas nous aventurer dans des entreprises trop incertaines, dangereuses ou sans-issues,

Délivre-nous de ce qui nous fait mal en soignant nos grands et nos petits bobos, et apprends-nous à ne pas être nous-mêmes blessants pour les autres.

Car c’est à toi qu’appartiennent le mystère de la vie, la force de la transmettre et la joie de la partager,

Depuis toujours et pour toujours,

Amen

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